La gestion des biodéchets des industriels

Chaque année, 1,3 milliard de tonnes de produits alimentaires sont perdus ou gaspillés dans le monde. Le gaspillage alimentaire en France génère environ 3 % des émissions nationales de CO2.
Depuis le 1er janvier 2024, conformément au droit européen et à la loi AGEC de 2020, le tri à la source des biodéchets est devenu une obligation pour tous les professionnels et les particuliers. Une avancée réglementaire qui marque un tournant dans la gestion des déchets. Comment s’adapter à ce nouveau tri ? Quelles sont les solutions pour transformer cette obligation en opportunité ?
Qu’appelle-t-on biodéchets ?
Les biodéchets sont définis par l’article L. 541-1-1 du Code de l’Environnement comme : « tout déchet de jardin et de parc ainsi que tout déchet alimentaire et de cuisine produits par les ménages, les restaurants, les magasins de vente au détail ainsi que les établissements de production et de transformation de denrées ».
On distingue principalement :
  • Les déchets alimentaires : restes de repas, épluchures, produits périmés non consommés, invendus. Ils sont issus des restaurants, des supermarchés, cantines, cuisines d’entreprises…
  • Les déchets verts : tontes de pelouse, feuilles mortes, tailles de haies (notamment dans les collectivités et sites industriels avec espaces extérieurs).
  • Les déchets issus de la transformation agroalimentaire : sous-produits, résidus de production.
Que dit la réglementation ?
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour tous les producteurs : ménages, collectivités, entreprises. Cette mesure découle de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) et s’aligne avec les objectifs européens de réduction des déchets organiques.
Biodéchets industriels - Vertuow
Concrètement, cela signifie :
  • Mettre en place un tri spécifique des biodéchets.
  • Les faire collecter par une filière dédiée ou les traiter sur place (compostage ou autre solution agréée).
Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions, mais surtout un manque à gagner en termes de performance environnementale.
La réglementation actuelle pousse les acteurs économiques à revoir leur gestion des biodéchets. Mais au-delà de l’obligation, cela représente une opportunité de diminution de notre empreinte environnementale, de valorisation locale et une potentielle réduction des coûts.
Tri et conditionnement : quelles solutions pour optimiser la gestion ?
L’optimisation commence par une bonne organisation logistique.
Voici quelques leviers :
  • Postes de tri en cuisine/réfectoires/salles de pause : bacs différenciés, affichages pédagogiques, pesées éventuelles.
  • Conteneurs adaptés : contenants étanches, selon les volumes et la fréquence de collecte.
  • Compacteurs et déshydrateurs : pour limiter le volume à stocker ou transporter.
Filières de valorisation : quelles sont les options ?
Transformer un déchet en ressource, c’est tout l’enjeu de la valorisation. Il existe plusieurs solutions pour valoriser vos biodéchets :
  • Le compostage :
Composter sur votre site permet de s’affranchir des coûts de transport et de traitement. Cela nécessite un accompagnement ou la formation d’une personne en interne afin que la solution soit pérenne. Une réflexion doit être faite sur l’usage de compost obtenu.
La collecte séparée par un prestataire privé permet de simplifier la gestion et assurer la traçabilité.
  • La méthanisation : vos biodéchets sont collectés par un prestataire spécialisé afin de produire du biogaz. Cette solution est particulièrement pertinente pour les gros producteurs de biodéchets (industries agroalimentaires, plateformes logistiques…). Le résidu généré par la méthanisation, le digestat, peut être valorisé en engrais.
  • Alimentation animale : dans certains cas, les invendus, sous-produits ou résidus peuvent être revendus ou donnés en alimentation animale, selon des normes strictes.
Comment réduire les coûts liés aux biodéchets ?
Bien gérée, la filière biodéchets peut devenir un axe stratégique d’optimisation des coûts.
Les pistes à activer :
  • Réduction à la source : optimisation des stocks alimentaires pour éviter les achats excessifs, ajustement des portions, formations anti-gaspillage, …
  • Contrats adaptés : renégociation avec les prestataires selon les volumes réellement triés, afin d’ajuster les collectes aux quantités produites.
  • Audit et suivi d’indicateurs de performance : contrôle du tri sur site, suivi des fréquences de collecte, des tonnages collectés et du mode de valorisation.
  • Sensibilisation continue des équipes : sensibilisation sur vos cantines d’entreprises, fresques, ateliers participatifs, challenges internes, …
Accompagnés des bons outils tel que Waste Pilot®  et d’une stratégie adaptée, les biodéchets deviennent une ressource à part entière dans une démarche circulaire. Contactez nos experts pour un accompagnement personnalisé.
Sources : ADEME – écologie.gouv.fr – Légifrance